Houssem, Aouar (et à reouar, on espère)

Olympique Lyonnais

HUMEUR. On l’oublie parfois ces derniers temps dans les gradins du Parc OL, mais le football est un art. Et si l’on vient surtout au stade pour en admirer l’expression collective, on se déplace aussi pour voir les meilleurs solistes. Zidane, Özil, Tiago, Gourcuff…le football a ses maîtres pour qui tout semble simple, fluide, limpide. Orientation et position du corps, toucher de balle au contrôle ou à la passe, ces perles de l’esthétisme n’ont pas souvent la feuille de statistiques la plus fournie, mais sont ceux qui offrent au passionné de football le rêve que le football moderne, réaliste et comptable, sacrifie souvent. Houssem Aouar est de ceux-là. Pour lui, on scrutait les catégories de jeunes, puis la réserve. Pour un peu, on se laisserait même tenter à regarder l’OL de Bruno Genesio. Mais pour l’instant, c’est sur le catalogue automne-hiver de l’OL ou en tribune qu’Houssem Aouar est titulaire indiscutable.

 

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Aux yeux de Bruno Genesio, l’année dernière, Aouar n’était « pas encore un joueur de Ligue 1 ». On pourrait débattre pour trancher s’il s’agit d’un défaut ou d’un compliment, reste que cette année encore, la seule chose dont on peut se réjouir est qu’il soit encore un joueur de l’OL. Car le temps presse. La principale valeur d’un joueur étant désormais devenue son âge, Houssem vieillit, et le sait. À chaque non-convocation dans le groupe, ses tweets ou retweets désabusés en disent long sur sa frustration légitime de faire banquette.

On ne sait toujours pas vraiment ce qui est reproché à Aouar, mais on sait ce qu’on ne peut pas lui reprocher. Et notamment ce qu’il fait des miettes qui lui sont laissées. Pas besoin de se rendre sur Whoscored.com pour se souvenir de tous ses matchs : la saison dernière, quelques minutes à l’aller contre l’AZ en Europa League, une trentaine au retour, et enfin une titularisation dans un match jamais terminé à Bastia. Cette saison, Houssem a dû se contenter de quelques titularisations en match de préparation. Il a finalement fallu la suspension de Sergi Darder pour lui permettre de figurer dans le groupe à Nantes, et d’entrer à la 85e.

Or, malgré ce temps de jeu famélique, Aouar a déjà affiché de belles promesses : une remontée de terrain à Alkmaar qui amène le quatrième but à l’aller, un but plein de maîtrise technique et de sang-froid au retour, une superbe passe qui amène le second but contre l’Ajax en amical, et une autre contre Nantes en fin de match après avoir enrhumé Nicolas Pallois qui aurait pu être décisive si Fekir avait été un peu plus frais.

 

Remplaçant n’habile

Cette dernière action ouvre justement la question plus délicate du rôle que pourrait jouer Houssem Aouar sur le terrain. Et donne une partie de la réponse. Nabil Fekir semble être plus fort que jamais, et Lyon aura besoin de lui à ce niveau toute la saison. Il va donc falloir penser à le faire souffler, ce qui devrait naturellement donner du temps de jeu à Aouar, que ce soit des bouts de match ou des titularisations, en coupes notamment.

Autre solution : faire jouer Aouar à la place que son numéro de maillot (le 8, pour les assoupis du fond de la classe) suggère : relayeur. Mais il faudra qu’il passe d’abord devant Jordan Ferri, Tanguy Ndombélé et Pape Chiekh Diop. Pas gagné vu le profil de joueur qu’apprécie Genesio. Le frêle physique d’Houssem devrait suffire à ce que son coach écarte cette hypothèse. Et c’est peut-être mieux, car Aouar rencontrerait alors les mêmes difficultés que Sergi Darder pour animer le jeu, vu à quel point l’OL est coupé en deux. À moins que sa capacité de dribble, supérieure à celle de l’Espagnol, ne puisse lui permette de trouver Fekir. Ce serait un miracle permanent, mais l’OL a pris l’habitude de se reposer là-dessus.

Jusqu’à la suspension de Sergi Darder cependant, Houssem squattait la réserve (ce qui constitue paradoxalement presque un progrès par rapport à l’année dernière, où ses apparitions dans le groupe en tant que 19e homme le privaient totalement de temps de jeu). L’arrivée de deux milieux de terrain supplémentaires au mercato risque de pousser de nouveau Aouar en National 2, ce qui invite à imaginer un autre rôle pour le jeune lyonnais.

La dernière option est donc qu’Aouar entre dans la case « attaquants », ce qui le mettrait alors principalement en concurrence avec Myziane Maolida. Le numéro 8 de l’OL entrerait alors dans la rotation des ailiers, peut-être moins figée que celle du milieu. Son aisance technique pourrait permettre d’apporter un peu de variété tactique sur les ailes, en combinant au centre avec Fekir et en laissant le couloir ouvert aux débordements de l’un des nombreux latéraux au profil offensif de l’effectif.

Maolida et Aouar devraient ainsi tous deux être mis en situation de bousculer Memphis Depay et Maxwel Cornet. Mais le premier reste un nom bankable (et arrive à conserver des stats décentes malgré ses difficultés dans le jeu), tandis que le deuxième semble être l’un des chouchous du coach. Paradoxe ultime, on en vient presque à regretter d’avoir enfin un bon staff médical. Moins de blessures, moins de chances pour les jeunes de se montrer.

Vincent G.

(Photo Damien LG)

One Comment

  1. asunada

    6 septembre 2017 at 8:39

    Je partage pleinement cette tribune. Milieu offensif excentré, c’est là où il a le plus de chances de gratter du temps de jeu. Et où il pourrait nous faire beaucoup de bien, en apportant un peu de fluidité, de liant et de variété dans notre jeu offensif, là où les autres profils sont tous plus des solistes de plus où moins grand talent.

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