Tactique : quel avenir pour Gouiri et Tousart, les repositionnés d’Arsenal-OL ?

Gouiri

TACTIQUE. Lors de la victoire contre Arsenal ce dimanche (1-2), deux joueurs de l’OL ont évolué à un poste inhabituel pour eux. Si les positions d’ailier gauche d’Amine Gouiri et de milieu relayeur de Lucas Tousart s’expliquent aussi sans doute par l’envie de Sylvinho de voir Memphis Depay dans l’axe de son 4-3-3 et de travailler les automatismes de Thiago Mendes en pointe basse au milieu, elles pourraient aussi donner des idées à l’entraîneur brésilien. Alors, Gouiri et Tousart ont-il un avenir à ces postes à l’OL ?

Amine Gouiri, pour prendre son élan en pro

À 19 ans et avec à peine 10 matchs disputés en pro, la faute à une blessure l’été dernier qui lui a valu une saison blanche au moment où il aurait dû vraiment prendre ses marques en équipe première, Amine Gouiri a maintenant besoin de jouer. Et même si la composition de l’effectif semble indiquer qu’il est pour l’instant le numéro 2 dans l’axe derrière Moussa Dembélé, le numéro 19 de l’OL pourrait aussi gagner du temps de jeu en s’exilant sur une aile, à gauche comme à droite d’ailleurs.

L’exemple : Karim Benzema. Il n’est pas rare de voir de jeunes attaquants faire leur premier pas en pro sur un côté, et puisque les exemples ne manquent pas autant en prendre un estampillé OL. Avant de (rapidement) s’imposer dans l’axe (puis de retrouver parfois le côté gauche sous Claude Puel), Benzema a en effet inscrit son premier but en équipe première alors qu’il était aligné sur l’aile d’un 4-2-3-1 lors d’un sixième match de poules de Ligue des Champions sans enjeu contre Rosenborg lors duquel Rémy Vercoutre, Lamine Diatta, Sylvain Monsoreau, Benoît Pedretti et Jérémy Clément étaient aussi titulaires.

Rebelote pour son premier doublé, en Coupe de France à Grenoble en tant que troisième homme de l’attaque d’un 4-3-3 avec Sylvain Wiltord et John Carew, ou pour son premier but en Ligue 1, alors qu’il a remplacé Jérémy Berthod (blessé) et pris la place d’ailier de Florent Malouda (qui recule d’un cran) lors d’un match à Ajaccio surtout mémorable pour un coup franc très longue distance de Juninho. Un bon exemple pour Gouiri, qui n’a pas encore ouvert son compteur en pro.

Notre avis : à revoir. Tout dépendra bien sûr de la fluidité du système, mais avec des partenaires capables de beaucoup bouger sur le front de l’attaque comme Memphis, Martin Terrier, Maxwel Cornet ou même Dembélé, un éventuel positionnement sur l’aile ne signifierait de toute façon pas que Gouiri serait cantonné au côté.

Par le jeu des appels et des dézonages, le numéro 19 (comme Benzema contre Rosenborg, tiens) pourrait en effet arriver lancé dans l’axe (comme Benzema lorsqu’il marque en reprenant un centre en retrait de Carew contre Rosenborg, tiens) ou occuper des half-spaces où il est déjà à son aise. Surtout si le latéral derrière lui s’occupe d’animer le côté un peu plus que ce que l’on a vu jusque-là dans les amicaux.

Lucas Tousart, pour muscler ton (entre)jeu

L’entrée de Lucas Tousart à la pause contre Arsenal aurait pu faire basculer l’OL en 4-2-3-1 avec un double pivot constitué de Mendes et de lui, ou faire monter d’un cran le Brésilien tandis qu’il aurait pris la place de sentinelle, mais l’ancien Valenciennois est bien resté plus haut que l’ancien Lillois et le 4-3-3 cher à Sylvinho n’a donc pas bougé. Et si l’apport d’Houssem Aouar a été le plus décisif dans le secteur du milieu, l’impact physique de Tousart a peut-être aussi été bénéfique pour renverser le match contre les Gunners.

L’exemple : Gennaro Gattuso. Un milieu plus créatif en pointe basse, flanqué (notamment) d’un destructeur avec un gros volume de jeu un cran plus haut : l’exemple Andrea Pirlo – Gattuso est sans doute celui à suivre dans cette configuration. Et ce même si les deux Lyonnais sont encore loin du niveau de leurs confrères italiens sur tous les plans.

L’image de pitbull de Gattuso dans la mémoire collective suffit ainsi à indiquer à quel point Tousart et lui ne jouent pas vraiment dans la même cour défensivement, mais a tendance à cacher le fait que le champion du monde 2006 était aussi un bien meilleur manieur de ballon que le numéro 29 de l’OL.

Notre avis : guère plus qu’un recours. Le poste de numéro 8 n’est pas celui où l’OL manque le plus de monde, et même si l’on n’a pas oublié les projections tout en puissance de Tousart lorsqu’il était le joueur le plus libre offensivement d’un double pivot de triste mémoire avec Maxime Gonalons, il est difficile de l’imaginer tenir ce rôle de relayeur de façon viable dans une équipe ambitieuse.

Même si paradoxalement, l’idée pourrait presque être plus excitante contre des blocs bas, avec Mendes (ou un autre joueur capable d’envoyer quelques galettes) pour mener le jeu un cran plus bas en étant moins attaqué par les adversaires et Tousart qui fait le pressing plus haut dès la perte de balle pour tuer dans l’œuf les sorties de balle et donc les contre-attaques.

Tousart

Hugo Hélin

(Photos Damien LG / OL)

One Comment

  1. gurney

    29 juillet 2019 at 11:16

    Je me souviens du match de monstre de Tousart à Monaco (année du titre de l’asm), il avait été puissant dans le pressing, et avait même réussi à perforer à plusieurs reprise la belle équipe à la diagonale.
    Ca serait cool qui s’en inspire.

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