« La page n’est pas si blanche que ça »

Moizini

NATIONAL. L’été a été agité en coulisses pour la Duchère. Création d’une SASP, augmentation du budget à 3 millions d’euros dès cette saison, annonce du changement de nom du club (qui n’est toujours pas effectif) et déménagement au Matmut Stadium de Vénissieux en vue : le président Mohamed Tria voit grand, au point d’évoquer la Ligue 1 sous cinq ans et la Ligue 2 d’ici deux ans. De quoi déjà épicer la saison de National qui commence ce vendredi.

D’autant que sur le plan sportif non plus, l’été n’a pas été de tout repos. La Duchère a ainsi vu partir du côté de Bourg son entraîneur Karim Mokeddem, faiseur de miracles dont la réputation n’a visiblement pas dépassé le National (mais où elle est bien ancrée, puisque le FBBP 01 a été cité parmi les favoris par presque tous les acteurs du championnat alors qu’il était premier non-relégable la saison dernière). Et son règne de cinq ans et demi à la tête de la Duchère a d’ailleurs laissé un héritage, comme l’explique le capitaine Salim Moizini (en photo) : « Il y a beaucoup d’équipes qui nous respectent, pour ne pas dire qu’elles nous craignent. Depuis trois ans qu’elle est là, la Duchère produit un des meilleurs footballs de National. Tous les autres entraîneurs et les autres équipes vous le diront. Sans prétention aucune, on a parfois l’ascendant psychologique. »

Pas sûr toutefois que l’effet dure longtemps. L’effectif a en effet été chamboulé lors du mercato estival, avec quatorze départs et onze arrivées. Quand on lui parle de remaniement et de page blanche, Moizini réfléchit, fait ses comptes et tempère toutefois. « Il y a quand même une continuité, avec des joueurs qui étaient là la saison dernière. Sur le onze type, il doit en rester au moins trois ou quatre. Je pense à moi, Max [Hautbois], [Jonathan] Rivas, [Hamadi] Ayari, [Djibi] Banor, ça fait déjà cinq. La feuille n’est pas aussi blanche que ce qu’on pourrait penser. » Neuf nouveaux (en comptant Rafik Bouderbal, dont ce sera le troisième passage à la Duchère) figurent toutefois dans le groupe pour le match inaugural à Dunkerque, ce vendredi à 20h00 (en direct sur FFFTV).

Le lifting a aussi eu lieu sur le banc de touche. Où la Duchère a choisi de prendre le contrepied de l’époque Mokeddem, technicien venu du monde amateur, en s’en remettant à l’expertise venue d’en haut. Laurent Roussey, entraîneur de l’ASSE il y a une douzaine d’années et qui a depuis entraîné en Suisse et à Créteil pour une opération maintien ratée en Ligue 2, découvrira ainsi le National accompagné des anciens joueurs pros Ghislain Anselmini (adjoint) et Daniel Jaccard (entraîneur des gardiens).

« Une pression positive »

Arrivé en mettant l’accent sur la défense (« La première chose qu’il m’a dite, c’est qu’on avait pris trop de buts », se souvient Moizini), Roussey devra maintenant vite trouver la formule gagnante. Car le temps est forcément réduit lorsque l’on vise la Ligue 2 d’ici 2021, même si cela n’avait pas l’air d’inquiéter l’ancien Vert lorsque nous l’avions rencontré après son premier entraînement à la plaine des jeux de Gerland. « C’est une pression positive, puisqu’au moins c’est un club qui affiche ses ambitions et va se donner les moyens. Pour un entraîneur, c’est plus intéressant d’avoir cette pression que de se dire qu’on va jouer le maintien et de se demander comment ça va se passer pour recruter un joueur. »

Les chamboulements de l’été incitent pourtant à une certaine prudence au moment de définir les objectifs. « Si je dis qu’on veut jouer la montée ça fait un brin audacieux et si je dis qu’on ne joue pas la montée ça fait un brin pessimiste« , botte ainsi en touche avec malice Moizini, qui connaît l’homogénéité du National et à quel point chaque trou d’air peut s’y payer cash. « Mon point de vue, et je pense que c’est celui partagé par le club, c’est d’avancer pas à pas et de faire le point à chaque trêve. » Roussey s’était fait plus précis, avec lui aussi une pointe d’humour. « L’idée c’est de bien travailler, d’être performants, d’améliorer ce qui a moins bien marché et de faire mieux que l’année passée. Mieux que l’année passée, ça doit forcément nous positionner au pire en quatrième position. Mais c’est la mauvaise place, donc on va plutôt essayer de déjà avoir la troisième. Et après on verra ! »

Hugo Hélin

(Photo archive Lyon Duchère AS)

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