OL-Metz (1-1) : chauve qui peut

Bosz

LES NOTES. Malgré un match plutôt réussi, notamment en seconde période, l’OL a encore laissé filer deux points face à un mal classé (1-1 contre Metz). A l’heure de tirer le bilan de la première partie de saison, on a déjà compris qu’il ne faudrait pas attendre grand-chose du cru 2021-2022, tant tout semble vouloir jouer contre l’OL.

Comment résumer la première partie de saison de l’OL ? Tout simplement en regardant le match de ce soir contre Metz. On a vu, en première mi-temps, cette équipe malade, frileuse, visiblement plus inquiète de perdre un ballon dangereux que de vouloir en créer un. Bref, l’OL qui déprime et tremble face à un Bordeaux au fond du trou. On a aussi vu l’équilibre défensif plutôt retrouvé de ces toutes dernières semaines, face à un Metz il est vrai inoffensif.

Terminer la saison sur ce constat aurait enterré presque définitivement le football « offensiv et attraktiv » promis par Peter Bosz en début de saison. Alors l’entraîneur hollandais a pris ses responsabilités à la mi-temps en faisant rentrer des joueurs compatibles avec le projet de jeu, et notamment Cherki et Guimaraes. Immédiatement, on a retrouvé notre amour d’été, cette idée que l’OL doit jouer, redoubler de passes au cœur du jeu, attaquer inlassablement, pour finir par trouver la faille (Lukeba à la 56e, 1-0). Mais dans ce match symbole de la première partie de saison, il fallait évidemment une place d’honneur pour un déséquilibre défensif majeur, et il ne s’est pas fait attendre (59e, 1-1), avec deux milieux récupérateurs trop excentrés (Mendes) ou trop haut (Guimaraes) sur un ballon dégagé plein axe par Jérôme Boateng.

On a vu tout ce qu’on a aimé depuis juillet, et tout ce qu’on n’a pas aimé. Bref, on pourrait dire qu’on n’a rien appris ce soir. Mais ce serait injuste pour Peter Bosz qui a montré, probablement pour la première fois de la saison, qu’il savait lire un match et changer ses plans pour le faire tourner à sa main. A la mi-temps, exeunt Caqueret et Da Silva, moyens voire mauvais et avertis en première mi-temps, et exit Paqueta, en perdition depuis quelques semaines.

On a alors vu le 352 initial laisser sa place à un 4231 permettant de mettre la plupart des joueurs à leur meilleur poste en l’absence de Paqueta. Puis à la 75e, la traditionnelle sortie de Boateng a vu Bosz tenter un nouveau coup, faisant redescendre Thiago Mendes en défense centrale pour faire entrer un Islam Slimani proche de trouver la cible. Des changements qui changent le match, cela signifie souvent que la compo de départ n’était pas optimale. Mais pour la première fois peut-être, on a compris Bosz sur la lecture d’un match en cours. Alors que les signaux d’espoir sont plutôt minces, on embarque celui-là pour attaquer 2022 avec un peu moins d’inquiétude.

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Rayan Cherki, +4

On l’a souvent voulu titulaire, dans un mélange d’envie rationnelle et de volonté chauvine de voir un petit Gone faire des dribbles fous. Sa deuxième période, après son entrée à la place de Paqueta, est peut-être son meilleur (bout de) match sous le maillot lyonnais. Dribbleur, on le sait, et il n’a pas boudé son plaisir face à des défenseurs sur les talons. Décisif, on le voit de plus en plus sur ses entrées, et ses corners précis ont logiquement trouvé Lukeba lancé pour récompenser un temps fort collectif. Mais ce qui a impressionné ce soir, c’est son omniprésence, notamment dans deux domaines qui n’étaient pas son fort : le pressing et les appels en profondeur. Une victoire aurait encore alourdi son dossier de titulaire en puissance, pour notre plus grand plaisir.

Castello Lukeba, +3

Son match était déjà très bon avant cette tête rageuse pour inscrire son premier but en Ligue 1. Il a certes été pris comme ses deux compères de défense centrale par quelques appels dans le dos bien sentis des Messins, mais il a aussi été souvent présent, au duel mais aussi en montant : l’action de la frappe de Paqueta en fin de première mi-temps vient d’une récupération pleine d’audace de sa part à 60 mètres de son but. On écrivait il y a quelques semaines que Lukeba est un défenseur terriblement Bosz-compatible : lui aussi aurait mérité une victoire pour récompenser sa performance et son style de jeu.

Lucas Paqueta, -3

Lui, ce n’est pas d’une victoire dont il a besoin, c’est de vacances. On l’a pourtant vu assez remuant, décrochant au coeur du jeu, dans un style qui rappelle son début de saison canon. Le problème, c’est qu’au delà de ces déplacements et cette volonté d’être impliqué, il a à peu près tout raté. Tous ces gestes qui faisaient merveille en début de saison sont maintenant dans l’à peu près, et n’apportent quasiment rien. On a apprécié le courage de Bosz de le sortir à la mi-temps, et on espère maintenant une trêve salvatrice pour se remettre d’une première moitié de saison intense à tous les niveaux pour le Brésilien.

Jérôme Boateng, +2

Encore un match sans victoire avec un but concédé, encore des bonnes notes individuelles pour la ligne de défense : le paradoxe lyonnais. Annoncé assez vite en alerte physique par les commentateurs, le défenseur allemand n’en a pourtant pas souffert un instant. Les Messins ont été intelligents de le cibler sur son point faible de vitesse, car à part ça, il a amené beaucoup de sérénité et n’a pas raté grand chose. Une mention spéciale pour sa qualité technique qui a évité quelques cafouillages que les adversaires n’auraient pas manqué d’exploiter.

Maxence Caqueret, -1

Il a récupéré assez de ballons pour ouvrir un Go Sport. Pourtant, cela s’est fait au prix d’interventions kamikaze : souvent réussies, mais quand elles ratent, ça se voit. L’enchaînement qui amène son carton jaune (passe verticale ambitieuse mais ratée, puis sortie à toute berzingue sur le messin qui l’a interceptée, et faute après s’être fait passer) est symptomatique de son match, et peut-être de sa saison : toujours autant d’envie dans l’orientation et de fougue à la récupération, mais tout ça en un peu moins bien que la saison dernière. Et avec un style de jeu aussi risqué, ça se paie vite. Sa paire avec Thiago Mendes était moyenne en première période, et les deux auraient pu laisser leur place à Guimaraes, mais ce carton rouge qui lui tendait les bras l’a condamné.

Vincent Grimault et Nicolas Sch

(Photo d’archive Damien LG / OL)

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