OL : le décryptage tactique du tennis-ballon de Sylvinho

Sylvinho

ZÉNON C’EST NON. À l’aube d’une semaine peut-être déjà décisive pour son avenir à l’OL, Sylvinho a décidé de revenir aux basiques avec une session de tennis-ballon ce lundi. Une décision saluée par la majorité silencieuse des supporters, qui ne comprenait pas pourquoi le club avait cédé aux injonctions d’une minorité bruyante sur les réseaux sociaux et mis fin à des recettes qui marchaient à Lyon (objectifs toujours atteints à part les fois où les objectifs n’étaient pas atteints, OL toujours présent dans les gros matchs si on exclut les gros matchs ratés, victoire à l’Eusébio Cup…). Décryptage des nouvelles méthodes de tennis-ballon.

La première chose qui saute aux yeux lorsqu’on regarde un tennis-ballon de Sylvinho, c’est à quel point les positions semblent figées. On voit en effet clairement les joueurs appliquer des consignes très classiques, avec un « à droite » (à droite), un « à gauche » (à gauche) et un « derrière » (derrière) comme on a coutume d’appeler les trois positionnements de base du tennis-ballon.

Pas vraiment du totaalvoetbalnet théorisé par le précurseur néerlandais Van Bruijnaw, encore moins du Voli-Vola et ses redoublements de volées qui épuisent l’adversaire comme le pratique le génial catalan Nenez i Villafranca, ni même du GegenZurückschlagenAllesImNetz avec des joueurs qui montent tous ensemble au filet pour étouffer l’équipe adverse comme a pu le mettre en place le teuton Besack ces dernières années.

Tout est plus classique chez Sylvinho, ce qui n’est pas forcément un défaut. Chacun sait ainsi ce qu’il a à faire et quelle zone il a à défendre. Le déséquilibre vient ensuite naturellement, du talent des joueurs ou d’un élément qui dézone comme Léo Dubois (placé en derrière, un poste où Sylvinho a pourtant souvent mis l’accent sur le fait de rester en place pour couvrir d’éventuels lobs adverses) qui vient smasher une tête gagnante au filet.

TennisBallon

Mais cette approche tactique a aussi des inconvénients, et pêche notamment par un excès de frilosité. L’espace entre le filet et le premier défenseur de l’équipe de Sylvinho (1), tout comme l’alignement trop strict du à droite et du à gauche, permet au ballon de rebondir trop facilement (2) ce qui aurait pu être dangereux si l’attaque avait été mieux ajustée. En fond, on voit une ? (3) Oui, une maison, bravo Emma et ça c’est quoi ? (4) Un « muage » ? Presque mon ange, c’est un nuage, bravo quand même ! *applaudit* Youpi !

Une tactique qui n’enthousiasme donc guère des supporters habitués à l’excellence lorsqu’ils viennent voir du tennis-ballon au Training Center. D’autant que ni les résultats ni le spectacle ne sont pour l’instant au rendez-vous. L’équipe de Sylvinho n’a ainsi remporté qu’un seul de ses six matchs de tennis-ballon ce matin (16,6%), avec une longueur moyenne d’échanges de 2,7 passages de filet (4,3 la saison dernière, 3,8 sur l’ensemble des entraînements de Ligue 1 cette année). Mais ces chiffres bruts doivent être pondérés par les statistiques avancées, et notamment celles d’expected smashed volleys (5,87 xSV) et d’expected smashed headers (11,93 xSH) largement au-dessus de ce que l’équipe de Sylvinho produit dans la réalité.

À l’heure actuelle, l’entraîneur brésilien pêche donc surtout par un manque de réussite individuelle. Et il est forcément bon de se rappeler que le départ d’un finisseur aussi redoutable que Mathieu Gorgelin, dont on ne voit plus les grands compas s’élever dans le ciel décinois pour rabattre à pleine vitesse un ballon de l’autre côté du filet, se paye forcément d’un point de vue statistique. Pour faire face à cette période difficile, Sylvinho pourra malgré tout compter sur un staff qui a très peu bougé et dont les compétences sont unanimement reconnues. 

Zénon Zadkine

(Photo Damien LG / OL)

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