Notre Jurynho de Nice – OL (3-2) : non, on ne peut toujours pas noter l’entraîneur…

Bosz

LES NOTES. Un article était prêt pour dire que l’OL avait passé un palier mental et savait désormais faire fructifier le beau jeu. C’était vrai pendant 80 minutes, puis l’OL a livré une prestation en-dessous de tout pour réussir à perdre un match que les Niçois n’auraient même plus cru possible de gagner. L’OL perd l’opportunité de monter sur le podium et de distancer un rival pour la LDC, et repart finalement avec énormément de regrets et une nécessité urgente de comprendre comment finir un match.

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de Nice – OL (3-2)

Jérôme Boateng, +1

On le connaissait solide au duel, très bon de la tête, notamment dans la lecture des trajectoires, pour compenser le fait qu’il ne battrait sûrement pas la dame araignée de la ligne D au 100 mètres. On avait un peu peur de le voir opposé à des attaquants rapides, comme un Gouiri sûrement très motivé à l’idée de marquer contre le club pour lequel il aurait dû jouer : on a eu longtemps droit à un Boateng impassable, sur la lancée de ses performances récentes, qui ne laissent que quelques miettes aux attaquants niçois. On a surtout eu droit à une passe décisive qu’on n’arriverait même pas à reproduire sur FIFA, une passe oblique de quarterback qui débloque un OL jusque là en difficulté dans la zone de vérité. Impossible de le noter plus haut dans un match perdu où l’OL prend 3 buts, mais il n’est que peu impliqué dans les buts pris (Atal le crochète sur le premier but, mais rien de scandaleux).

Lucas Paqueta, -1

Il y aura rarement l’occasion de mettre un malus à Paqueta, c’est donc assez rare pour être signalé. Aussi exceptionnel qu’il soit cette saison, l’auteur de ces lignes n’adore le voir dépanner en numéro 9, et ça s’est d’autant plus vu cet après-midi où il semblait (enfin) tirer la langue après tant de matchs enchaînés. Pourtant, difficile de le blâmer pour la défaite : même en étant beaucoup moins en vue que d’habitude, il n’a jamais joué à l’envers, et s’est même permis une passe décisive pour Aouar. S’il figure dans les 5 joueurs les plus marquants de ce match, c’est finalement pour souligner encore son influence : on attendait de voir comment l’OL pouvait exister quand son numéro 10 finirait de marcher sur l’eau, et pendant 80 minutes, on a eu une réponse positive sur le plan sportif. Mais voir l’OL craquer mentalement (et « craquer » est un euphémisme) dans un match où Paqueta était moins bien ne ressemble pas à un hasard.

Tino Kadewere, -5

Il serait trop facile de dire que le carton rouge a renversé le match : s’il a sûrement ajouté à la force niçoise et à la tension lyonnaise, le rapport de force s’était déjà inversé avant. Le terrible -5 est pourtant on ne peut plus mérité : Kadewere n’a à peu près rien fait de bien, et s’est distingué par des ratés monumentaux, notamment ce tacle dont on comprend instantanément qu’il va amener au carton rouge tant il est idiot et dangereux. Sur une aile droite où Shaqiri a déçu ses dernières semaines, Kadewere s’est imposé comme étant tout sauf une solution. De façon générale, l’attaquant semble bien loin de l’automne 2020 où il avait été incandescent : il a désormais une suspension de 2-3 matchs qui l’attend pour prendre le temps de se remettre à l’endroit. Et sa retraite spirituelle risque de durer même au-delà après un tel match.

Emerson Palmieri, -3

Son début de partie était plutôt bon, et on avait même envie de le noter en positif pour contrebalancer les enfers qu’il a pris par Peter Bosz tout le match. Le souci, c’est qu’il est très lourdement impliqué sur les deux premiers buts de Nice : il laisse le couloir complètement vide à Atal qui fait une très belle action derrière, et il fauche ce même Atal sur une action certes confuse, mais qui était loin d’amener le niveau de danger d’un penalty. Pas de quoi remettre en cause ses attributs mentaux intrinsèques, et ce n’est pas lui tout seul qui emmène son équipe dans le n’importe quoi, mais il donne à Nice, qui n’en demandait pas tant, deux sérieux coups de main,.

Houssem Aouar, +1

Il continue une série de beaux matchs récemment, et cerise sur le gâteau, il est décisif, avec cette fois une frappe de l’extérieur de la surface, domaine de compétences qu’on avait tant moqué en début de saison. Attribuer la faillite mentale à son remplacement serait une lecture fausse du déroulé du match, puisqu’il est sorti à 2-2. Mais il est un de ceux dont la solution mentale peut venir, et si cette défaite terrible amène du bon, ça passera vraisemblablement par lui.

Peter Bosz, non noté

On aurait pu citer d’autres joueurs, par exemple un Lopes qui a fait un bon match jusqu’à prendre 3 buts sur lesquels il ne peut pas grand chose (il peut mieux sortir sur le 3e, et encore…) ou un Caqueret qui a longtemps brillé quand Paqueta et Guimaraes ont perdu en influence. Mais celui qui fait beaucoup parler au sortir de ce match, c’est Peter Bosz, dont beaucoup de choix posent des questions. Le pari Kadewere à droite a été un naufrage, ses changements sont intervenus très tard (Kadewere allait sortir au moment de son rouge, mais il était en apnée depuis longtemps déjà) et ont été très défensifs.

L’OL de cet après-midi ressemble étrangement, dans sa faillite collective, à celui de ses prédécesseurs. On pensait l’OL sur le chemin de la rédemption, notamment grâce à son technicien : le premier chantier, celui du jeu, a bien progressé, l’OL ayant livré pendant 80 minutes une partition plaisante. Vient maintenant le temps du travail mental, pour arrêter d’être l’équipe qui perd le plus de points en fin de match, et ne plus revivre de chutes libres comme celle de ce dimanche. L’impact des remplaçants en sera un point central : même si le banc lyonnais n’est pas une constellation d’étoiles, il est relativement solide sur le papier ; pourtant, l’impact de ses membres en est souvent limité, si ce n’est négatif. C’est tout un groupe qu’il faudra réussir à élever pour ne plus revivre d’écroulements comme ce 24 octobre, qui fera tristement date dans la saison. Et qu’on a en tout cas bien du mal à avaler à quelques minutes du coup de sifflet final.

Nicolas Schweisguth

(Photo Damien LG / OL)

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