Les notes de Lorient – OL (1-1) : ça sent la marée

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LES NOTES. L’OL nous a offert un énième long dimanche, sans fiançailles. Un dimanche après-midi contre un promu passé exactement comme on l’attendait, à ne rien proposer et obtenir un résultat en accord avec la prestation réalisée. Si les week-ends se suivent et se ressemblent pour les supporters, on se demande si l’adage va s’appliquer longtemps pour leur entraîneur, dont la position semble de plus en plus précaire à chaque livraison indigente de l’équipe qu’il formate.

Les notes de l’OL : Lopes 5 – Denayer 3, Marcelo 3, Diomandé 6 – Dubois 6, Jean Lucas 5, Guimaraes 4, Cornet 3 – Cherki 4, Dembélé 4, Aouar 5 + Memphis 3

Lorient est une équipe aux attaquants jeunes et prometteurs, servis par un 10 élégant, et l’équipe restait sur 2 matchs prolifiques en buts : tout était donc réuni pour que l’OL arrive comme un chien dans un jeu de quilles et pose un lourd couvercle sur cette recette frémissante. Il est 17h, l’heure de goûter cette recette fade et sans sel. Le match commence évidemment assez doucement. Le milieu est surchargé comme un périphérique un lundi matin pluvieux, et au lieu de chercher les ailes rapidement, les milieux lyonnais commencent par s’acharner dans ce bourbier. Quand ils se décident enfin à ouvrir sur les ailes, on comprend leur première intention : Cornet et Dubois ne font pas d’erreurs manifestes, mais créent très peu de danger. L’Ivoirien, notamment, enchaîne les demi-percussions (pousser le ballon à 5 mètres, accélérer, puis ralentir à l’arrivée d’un adversaire) avant de remettre en retrait.

Au milieu, Aouar se place bien dans les half spaces, joue vite, amène de la vie (notamment avec un Dembélé qui décroche et qui vient combiner parfois). A droite, dans le half space opposé (j’écoute le podcast Vu du Banc depuis une semaine, j’essaie donc de caler ce mot le plus possible), c’est Cherki qui, après une entame timide, amène de la vitesse dans l’approche des 30 mètres adverses. Pourtant, dans cette zone de vérité, les erreurs se multiplient, et les vraies occasions se font rares. Les Lorientais semblent très friables au pressing, et perdent vite le ballon quand on vient les chercher haut. Le problème, c’est que l’arrière-garde lyonnaise a aussi l’air très fragile sur la défense de la profondeur, donc engager du monde dans la chasse du ballon s’avère risqué aussi. Les Rhodaniens s’enfoncent alors dans un statu quo sans attaque ni défense, et la mi-temps se termine dans une grande tristesse pour quiconque espérait voir du football.

Circulez, il y a rien Aouar

En fin de deuxième mi-temps, Stéphane Guy a affirmé qu’elle avait été bien meilleure que la première. Cela dit, il a également déclaré « Tout est possible avec Maxwel Cornet » au cours du match, donc on peut raisonnablement mettre sa parole en doute. Car si le deuxième acte a bien vu deux buts, une pression de l’OL en fin de match pour essayer d’arracher une victoire peu méritée, elle ne permet pas beaucoup plus d’optimisme. S’il faut saluer des aspects positifs, parlons du fait de faire rentrer Memphis à la mi-temps à la place d’un défenseur (dommage que ce soit celui qu’on avait le plus envie de voir, et qui s’en sortait sûrement le mieux des trois dans le jeu). Évoquons aussi la belle action de Dubois pour égaliser, des beaux gestes de Cherki qui confirme que la Ligue 1 ne va pas trop vite pour lui, mais c’est à peu près tout.

A part ces petits éclairs de satisfaction, on a continué de voir le même OL terriblement brouillon. Une possession importante, mais une incapacité chronique à créer des décalages dans les 30 derniers mètres. Un bloc haut, mais une désagrégation sur la moindre passe verticale de l’adversaire arrivant à se dégager. Des solistes performants dans l’entre-jeu, mais dont les beaux gestes ne créent finalement que très peu de décalages. On n’a pourtant pas envie de les blâmer outre mesure, tant on a l’impression que leurs coéquipiers agissent comme une Ardoise Magique : tout ce qu’ils créent est effacé dans les cinq secondes. Si Aouar est mentionné dans le titre, ce n’est donc pas pour critiquer un match pourtant clairement oubliable de sa part : c’est pour regretter que son 100e match, qui pourrait bien évidemment être le dernier, est une bien triste sortie pour celui qui a tant de fois réussi à faire vivre un club en lente agonie.

Expected Gones

On pourrait évidemment avancer plein d’excuses pour ce match honteux. Caqueret et Toko Ekambi blessés, match à 17h, promu accrocheur, bloc défensif très bas : pour les optimistes sur la saison de l’OL, les motifs pour se rassurer ne manqueront pas. En tout cas à condition de ne pas regarder les matches.

L’an dernier, on se rassurait en évoquant les boulets de l’effectif, qui se caractérisaient souvent par des limites techniques dans le jeu ou la construction. Si un ou deux noms nous font encore régulièrement tiquer sur les feuilles de match, difficile de voir comment ne pas viser être la deuxième équipe de France d’assez loin au vu des joueurs alignés. On peut à la limite regretter le manque de solutions offertes par le banc, comme l’a fait Rudi Garcia en ne sélectionnant que 17 joueurs, pied de nez évident à sa direction sportive. Jusqu’à jeter un œil aux remplaçants de cet après-midi : Andersen, Bard, Mendes, Memphis, Kadewere. Ces cinq-là (du moins en forme et en confiance) seraient sans doute titulaires dans 18 clubs de Ligue 1, et pour certains, on aimerait même les voir un peu plus dans le 19e.

Cette année donc, le sujet est ailleurs. Nombreux ont été les sceptiques sur le fait que le 3-5-2 qui a chanté tout l’été serait bien dépourvu lorsque la bise serait venue. Aujourd’hui, c’est donc un vent d’est qui a confirmé ce qui semblait évident, mais au-delà des discussions de système, une vérité encore plus froide apparaît : ce n’est pas le choix de trois défenseurs qui est responsable de cette apathie, de cette incapacité à créer des décalages, des occasions, du jeu. L’OL semble être mû par une force invisible qui tire tout le monde vers le bas, à l’image d’un Guimaraes qui s’affadit match après match, loin de la si belle étincelle qu’il représentait pré-confinement. A 3 ou 4 défenseurs, à une ou deux pointes, l’OL semble incapable de créer quoi que ce soit. On ne parle même pas d’être beau, mais tout simplement d’être à la hauteur des joueurs sur le terrain, pour lesquels on finit par être presque triste.

En cette fin de mercato, et alors que tout le staff est en fin de contrat à l’été 2021, l’heure semble propice pour des choix stratégiques aussi importants que complexes. Car même le risque de faire une saison moyenne peut se défendre s’il permet de repartir de zéro l’été prochain au lieu d’embrayer sur un néo-Garcia choisi par défaut en octobre et qui signerait un contrat d’un an et demi. La question de l’avenir de Rudi Garcia est évidemment au cœur de ces choix, et les déclarations de Jean-Michel Aulas après match pleines de langue de bois semblent confirmer cette fébrilité. Jacques Brel chantait « Avec le vent de l’est, écoutez-le tenir » : ces mots s’appliquaient particulièrement au technicien lyonnais au coup de sifflet final à Lorient.

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La feuille de match de Lorient-OL (1-1)

Cinquième journée de Ligue 1, dimanche 27 septembre 2020

Buts : Wissa (63e) pour Lorient ; Dubois (74e) à l’OL.

Avertissements : Hamel (53e) et Nardi (90e+5) à Lorient.

Lorient : Nardi – Laporte, Fontaine, Morel – Mendes, Lemoine (Delaplace, 76e), Abergel, Le Goff – Le Fée (Monconduit, 46e), Grbic (Hamel, 16e ; Wadja, 89e), Wissa. Entr. : Christophe Pélissier.

OL : Lopes – Denayer, Marcelo, Diomandé (Memphis, 46e) – Dubois, Jean Lucas (Mendes, 75e), Guimaraes, Cornet (Bard, 82e) – Cherki (Kadewere, 75e), Dembélé, Aouar. Entr. : Rudi Garcia.

Nicolas Schweisguth

One Comment

  1. o8

    28 septembre 2020 at 1:06

    Juninho n’avait-il pas laissé entendre l’année dernière qu’on serait enfin débarrassés de Baticle ? C’est pour quand ???!!

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