Éric Roy : « J’ai dit cent fois à Batta qu’il nous avait volé un titre, à moi et à l’OL »

Roy

ENTRETIEN. Il commentera ce vendredi sur France 2 la dernière finale de Coupe de la Ligue de l’histoire de l’OL, puisque ce sera aussi la dernière tout court. Mais Eric Roy a failli devenir le héros de la première finale lyonnaise dans la compétition. C’était en 1996 et le solide milieu avait réussi un improbable enchaînement coup du sombrero – frappe en taclant pour marquer au bout de la prolongation contre Metz. Un but refusé par l’arbitre pour jeu dangereux, avant que l’OL ne s’incline aux tirs au but (0-0, 4 tab à 3), qu’Eric Roy a bien accepté de revivre.


Je suppose que vous devez tout de suite savoir de quelle action on va vous parler quand on évoque la finale de la Coupe de la Ligue 1996…

Tout à fait. C’est un très mauvais souvenir pour moi, l’un de mes plus mauvais. C’est un but qui était je pense valable et qui nous donnait la victoire. 120e minute, je ne pense pas qu’on aurait perdu derrière ! Et la victoire peut te donner un titre, ce qui est beaucoup, mais aussi changer ta carrière, changer beaucoup de choses pour le club et pour toi.

Vous avez revu cette action ?

Tu veux que je te dise vraiment ? Non. Je l’ai revue à l’époque, mais c’était il y a très longtemps.

On a l’impression que Sylvain Kastendeuch joue bien le coup, en levant la main pour se plaindre une fois qu’il a été éliminé.

Lui baisse la tête et moi je lève un peu le pied, on joue tous les deux le ballon. Mais il est loin de moi, d’abord, et en plus effectivement il lève la main ensuite. Comme j’ai dit cent fois à Batta [Marc, l’arbitre de cette finale, ndlr] que j’ai croisé pendant des années : « Vous, vous m’avez volé un titre, vous avez volé un titre à Lyon ! » Je le disais en rigolant plus qu’autre chose, mais c’est la réalité. Je pense que Batta s’est fait un peu abuser sur le coup. Mais ça ne rendra pas ce titre à l’OL, qui aurait été l’un des premiers.

L’OL et la Coupe de la Ligue
en cinq dates

Le premier de l’ère Jean-Michel Aulas en tout cas. C’était d’ailleurs la première finale du club depuis la Coupe de France 1976. Vous pensez que c’est pour ça que cette action a autant marqué les supporters ? C’était la première possibilité de titre depuis vingt ans.

C’était la première fois depuis longtemps qu’il y avait une équipe compétitive. C’est ma dernière année à Lyon. On faisait une saison plus difficile que la précédente en championnat, on avait perdu un joueur important avec [le transfert de Bruno] N’Gotty. Le souvenir de cette saison-là, c’est vraiment cette immense déception, et de perdre derrière aux tirs au but. Parce qu’on aurait pu remporter cette épreuve-là derrière malgré tout. On va aussi éliminer la Lazio en Coupe de l’UEFA et on se fait éliminer par Nottingham Forest en huitièmes de finale, en maîtrisant le jeu et en perdant dans les dernières minutes sur une mésentente entre [Pascal] Olmeta et je ne sais plus qui. On perd 1-0, on domine tout le retour à Gerland mais on fait 0-0 et on est éliminés.

« C’était une équipe qui méritait de gagner quelque chose » 

On a l’impression que c’est la même chose lors de cette finale de Coupe de la Ligue en voyant le résumé, l’OL domine ou en tout cas a plus d’occasions que Metz.

Globalement oui. Après, dans mes souvenirs c’était un match globalement assez fermé. Et c’est vrai que ça a été une grosse déception. Parce qu’on avait vraiment envie. On était une équipe jeune. Quand je dis jeune, c’est en termes de jouer les premiers rôles en championnat et en coupes. Tu imagines, on avait Ludovic Giuly et Flo Maurice devant ! Ils avaient quel âge, 20 ans ? (22 pour l’actuel directeur sportif de Rennes, 20 ans quelques mois plus tard pour le futur Blaugrana, ndlr) C’était une équipe qui avait faim. C’est dommage, parce que c’est une équipe qui méritait. Sur les trois années que j’ai faites là-bas, deux avec Jeannot [Tigana] et une avec Guy [Stéphan], on a fait beaucoup de beau jeu, on a eu de belles périodes. C’était une équipe qui aurait mérité de gagner quelque chose.

Les regrets doivent être encore plus forts à titre personnel, puisque vous n’avez jamais remporté de titre : en plus de cette finale de Coupe de la Ligue perdue, vous avez aussi terminé deuxième du championnat en 1995 avec l’OL derrière Nantes et en 1999 avec l’OM derrière Bordeaux…

Mon plus mauvais souvenir, et le plus frustrant, je crois que c’est la finale de la Coupe UEFA contre Parme que je ne peux pas jouer avec l’OM [en 1999]. Encore plus que cette Coupe de la Ligue. Je suis blessé et cinq joueurs sont suspendus parce qu’il y a eu une bagarre générale à Bologne. On a joué notre finale amputé de la moitié de l’équipe. Il faut un peu de réussite pour gagner des titres, et on ne peut pas dire que j’ai été servi à ce niveau-là. À l’image de ce but marqué à la 120e.

Vous avez évoqué avoir l’impression que ça aurait pu changer des choses à votre carrière.

Tu ne peux jamais savoir, mais il est évident que ça ne peut pas te desservir. Moi derrière je vais à Marseille, qui est aussi un grand club, je suis à la lutte pour le titre, on va en finale de coupe d’Europe, on a une grosse équipe, peut-être que… Peut-être que je te dis une connerie… J’ai souvent été dans les 30, pré-selectionné en équipe de France mais jamais vraiment appelé… À un moment donné, il y a des petites choses qui peuvent changer.

Propos recueillis par Hugo Hélin

(Capture d’écran Youtube Coupe de la Ligue)

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