Ça vaut quoi, Riazan ? (preview tactique avant la double confrontation contre l’OL)

Riazan

FÉMININES. Dans sa quête d’un cinquième titre consécutif en Ligue des Champions féminine, l’OL lance sa campagne européenne ce mercredi par un déplacement en Russie pour y affronter le Riazan-VDV. Un club champion de Russie en titre, mais toujours à la recherche de son niveau de jeu de la saison dernière.

> Riazan-OL, ce mercredi à 14h00 (en direct sur OLTV)

L’année 2018 a en effet été quasiment parfaite pour le Riazan-VDV : après sa seconde place obtenue lors de la saison précédente, le club remporte le championnat russe pour la quatrième fois de son histoire (après 1999, 2000 et 2013) et se hisse également en finale de la coupe nationale (défaite 0-1 face à Perm). Mais le club de Riazan, ville de 500.000 habitants située à environ 200 kilomètres au sud-est de Moscou (voilà pour le point géographie/Wikipedia) est éliminé dès son entrée en lice en Ligue des Champions face aux Suédoises de Rosengård (0-1 en Russie ; 2-0 en Scandinavie).

La saison en cours

Après le départ de deux joueuses majeures à la suite du titre, Riazan a eu énormément de difficultés à renouveler des performances offensives de haute volée qui permirent au club de glaner le titre lors du dernier championnat. Après un début d’exercice 2019 convaincant mais frustrant (2 victoires, puis 5 matches nuls sur les 7 premières journées), les limites de la nouvelle équipe ont fini par apparaître : incapables de concrétiser leurs nombreuses occasions et d’opposer une résistance efficace en défense, les joueuses de Riazan explosèrent une première fois lors de la huitième journée, en concédant une défaite cinglante à domicile contre le Lokomotiv Moscou (0-3).


Un revers mettant fin à la bonne dynamique de l’équipe, qui n’arrivera plus à battre la grande partie de ses rivaux lors des journées suivantes : défaites 4-0 chez le CSKA Moscou à la dixième journée, 0-1 contre Perm lors de la onzième journée, et 0-1 contre le Kubanochka Krasnodar à la 14e journée. Complètement distancée à cinq journées de la fin du championnat (qui se joue sur l’année civile avec huit équipes qui s’affrontent trois fois chacune) des deux premières places qualificatives pour la Ligue des Champions, les joueuses de Riazan jouent désormais pour la troisième place. Et pour tenter de remporter la coupe nationale, compétition dans laquelle elles sont toujours en course.

(via Soccerway)

(via Soccerway)

Le système de jeu

La victoire de Riazan lors du championnat 2018 reposait finalement sur des principes assez simples, mais diablement efficaces lorsque les joueuses adéquates sont utilisées. Dans le jeu, la largueur complète du terrain était utilisée pour créer des décalages, que le réalisme de l’attaquante Elena Danilova (meilleure réalisatrice des éditions 2017 et 2018 du championnat russe) se chargeait de convertir en but.


À l’image de cette action à partir de 1:49 : après une récupération de la gardienne, un échange de passes sur l’aile droite entre Osipova et Morozova permet à cette dernière de se retrouver libre pour ajuster un centre que Danilova reprend victorieusement de volée. (notez la techno en fond sonore, une constante des résumés du championnat russe féminin).

Mais Riazan sait également le meilleur parti de tous les coups de pieds offensifs obtenus, en utilisant à la fois des bonnes frappeuses de balle au démarrage des séquences et d’excellentes joueuses de tête à la réception des centres. Un atout assez inédit dans le football féminin, et qui a permis à Riazan de tirer son épingle du jeu lors de quelques confrontations serrées.


Et de mettre quelques beaux pétards, comme ici à 0:47.

Avec les départs de l’attaquante Elena Danilova et de la créatrice Elena Morozova, Riazan s’est toutefois retrouvé incapable d’appliquer de nouveau ces préceptes au cours du championnat 2019 : les phases de possession passent principalement au centre du terrain, en délaissant presque systématiquement les côtés, alors que ceux-ci restent le point fort de l’équipe. Les occasions nettes sont de fait moins faciles à obtenir, puis à convertir, faute au réalisme défaillant des nouvelles attaquantes du club.

Les points forts

Les coups de pieds offensifs.

Les attaques latérales qui, bien que rares, permettent toujours d’apporter un réel danger devant le but.

Une gardienne (Margarita Shirokova) capable de faire quelques arrêts déterminants pour sauver son équipe.

Les points faibles

Le réalisme assez faible des attaquantes

Une défense et un milieu de terrain assez lents, et qui ont tendance à regarder jouer l’adversaire.

Ce qu’il faut attendre de la double confrontation

Une qualification et un bon exercice pour monter tranquillement en niveau, basiquement. L’écart de niveau est en théorie largement en faveur de l’OL, qui pourrait même creuser l’écart dès ce mercredi histoire de se faciliter le retour dans deux semaines. Et qui a l’occasion de prouver que son entraîneur Jean-Luc Vasseur avait raison en invoquant la thèse de l’accident pour parler des trois buts encaissés à Reims, par exemple en conservant une clean sheet contre un champion de Russie en titre globalement du même niveau que le promu français.

Julien Perrier

(Photo Riazan-VDV)

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